samedi 15 novembre 2008

Landing

Apres des semaines et des semaines de preparation, j'ai bien cru que je ne partirais pas... Entre les avions cloues au sol et le sentiment de brutale incapacite a m'envoler si loin, j'ai senti mes chaussures s'alourdir brusquement. Et pourtant, il est une chose a ajouter au pantheon des verites eternelles : la tristesse est soluble dans la fatigue comme dans l'atmosphere des aeroports. Greve des pilotes ou pas, frenesie extreme des passagers ou torpeur bienheureuse de ceux qui partent en vacances, tout y est plus electrique, fascinant, etincelant meme. Alors, ni l'angoisse ni la tristesse n'ont plus prise sur rien et il suffit de monter dans l'avion, de se laisser porter. J'ai pris un verre de vin rouge pour trinquer avec moi-meme en grignotant de petits biscuits au fenouil - j'avais espere un moment etre reclassee en business pour avoir droit au champagne et au foie gras, mais non. Et il n'y avait meme pas de journaux gratuits pour passer le temps et m'imaginer en femme d'affaires busy busy. A la place j'ai regarde The Dark Knight sur un ecran de cinq centimetres carres en tentant de demeler les paroles couvertes par le vrombissement des reacteurs sous mon hublot. J'ai passe une heure a regarder la lune bien ronde derriere, joliment posee sur les nuages tout bleus ; et le soleil devant qui a mis des heures a se coucher, puisque nous lui courrions apres sans flechir notre vaillance...
A Montreal, queue devant les guichets de l'immigration et me voila avec un passeport gonfle par ce petit papier plie en six qui contient mon visa. Accueillie par papa. A l'hotel je sens venir la fatigue de cette journee trop longue, alors je me plonge dans la baignoire geante avant d'aller m'affaler devant la tele, en belle ecrevisse, pour essayer de ne pas dormir encore. J'avoue que regarder un match de hockey (prononcer "hockiiii") commente en quebecois n'etait pas forcement l'idee la plus appropriee pour l'objectif que je m'etais fixe. Je n'ai strictement rien compris, mais il y avait de la glace et des patins a l'ecran : ca suffit, presque, pour me rendre heureuse.
Aujourd'hui il pleut des cordes. Et comme au mois de juin, mon premier achat canadien est pour un vetement de pluie. Bien rembourre cette fois. Je suis fin prete pour Vancouver.

1 commentaire:

Fabrice a dit…

Je suis tombé sur cette mélodie et je trouve qu'elle exprime bien ce moment...

Pas assez à l'aise avec l'anglais pour tout comprendre mais l'écoute m'inspire cette idée du voyage que tu transmets au travers de ces quelques lignes.