mercredi 3 juin 2009

Pas le temps, pas le temps

Cela fait des années que je veux lire Alice au pays des merveilles, dont je n'ai même jamais soulevé la couverture - la faute à mon frère probablement, qui à l'âge de quatre ans nous passait le dessin animé en boucle, faisant naître en moi une véritable allergie. Puis Alberto Manguel commença à me faire changer d'avis (Dans la forêt du miroir). Mais les raisons qui m'y font penser aujourd'hui sont un peu différentes. Je suis devenue le Lapin pressé. C'est moi. Le nez sur la montre, pas un moment pour me poser. Peu de temps pour écrire, peu de temps pour lire même. Depuis hier seulement, j'ai pris la bonne résolution d'aller chaque après-midi passer un moment à la plage, pour me griller un peu et briser mon incessant tête à tête avec mon bureau. Les températures ont grimpé de manière folle ces derniers jours. La canicule donne à la ville un petit air de Californie, surtout par chez moi. Ici les shorts ne sont pas des shorts. Ce sont des culottes. Le supermarché à côté a cru bon d'afficher sur la porte d'entrée : "shoes and shirts required". Et moi je continue à mon rythme de prépa... sauf que la prépa à la plage c'est quand même plus agréable...

Emergency management à l'américaine

Serait-ce ma naïveté qui une fois encore me jouerait de vilains tours ? Mon optimisme, mon indéboulonnable graine d'utopie (qu'il serait décidément sage que j'arrache un jour) ? Toujours est-il que je viens de lire ceci dans le New York Times, me rendant compte par là même que j'étais persuadée que les choses à la Nouvelle Orléans avaient repris un cours à peu près normal...

dimanche 17 mai 2009

Entre chien et ours

Non, pas d'ours, bien qu'un panneau à l'entrée du Lighthouse park en signale la présence... Par contre, un gros labrador a décidé que ma présence sur ces sentiers était inopportune. Je grimpais un sentier un peu raide lorsque la bête s'est mise à dévaler la pente en grondant et aboyant. Il m'a bondi dessus, manquant de me faire descendre la côte plus vite que souhaitable, pendant qu'un petit garçon de huit ou neuf ans appelait tout doucement "Heidi come back, come back". Come back et on maîtrise son animal aussi, merci. J'en garde de belles traces de griffures sur le ventre et une main mordillée.
Le reste de la marche fut plus paisible, de petit sentier en crique déserte... jusqu'à midi du moins, lorsque les chemins se sont mis à grouiller de familles venues pic-niquer au bord de l'eau. Mais dans les voies de traverses, pas grand monde, et des arbres absolument gigantesques devant lesquels on se sent tout petit - c'est-à-dire encore plus que d'habitude, en ce qui me concerne.




samedi 16 mai 2009

Préparatifs

Voilà, c'est décidé, demain c'est rando. Ou plutôt petit décrassage en douceur sur la côte, deux ou trois heures, histoire de faire attention au genou avant d'attaquer les montagnes en face... Chaussures, K-Way, gourde, pansements, j'ai tout ce qu'il me faut, sauf un sifflet anti-ours - mais je ne pense pas trop croiser de grizzly sur la plage ni vers les falaises.

dimanche 10 mai 2009

Apprendre à mieux regarder

D'abord, j'ai failli avoir une crise cardiaque. Ensuite, j'ai ouvert les yeux un peu plus et me suis rendue compte que j'avais mal lu.


J'ai continué ma promenade autour de Stanley Park - ou plutôt ma course : j'avais décidé de faire le tour le plus vite possible, 12 ou 13 kilomètres au total, en 1h30, pour oublier les maths, l'éco, et me défouler copieusement. Bien sûr, on a l'habitude, je me suis fait des ampoules.

Vers la fin du parcours, un homme tout maigre aux cheveux longs et chapeau mou retenu par un cordon était en train de terminer une installation étrange... et toute poétique. La plage était couverte de ces bonshommes de pierre qui semblaient tenir comme par magie, en équilibre parfait face à la mer.

vendredi 8 mai 2009

Chut

Je regarde la troisième saison de Weeds pendant que ma colocataire et ses amies débattent avec passion de la Bible et de ses interprétations (parabole, métaphore, exégèse).

Ce soir, pour célébrer le soleil et la plage, je me suis acheté une bouteille de vin. Ensuite, je suis ressortie chercher un tire-bouchon.

mercredi 6 mai 2009

Petit bonheur

La dernière fois que j'ai eu tout juste à un exam de maths, je devais avoir 7 ans et demi.
Ce soir, quelque vingt ans et des poussières plus tard, je suis donc bien fière de moi... et un pied-de-nez à tous ceux que l'idée de me voir reprendre une calculatrice faisait doucement rigoler ! Comme quoi, les miracles, ça existe.

samedi 2 mai 2009

Dans la rue

Au carrefour de Davie street et Homer, je croise une femme en kimono fleuri. Grand nœud dans le dos, elle est obligée de trainer les pieds pour avancer sur ses minuscules sabots si élevés. Elle monte la rue à tous petits pas, les jambes entravées dans le tissu étroit.

Un peu plus loin, c'est un rasta hilare. Il zigzague sur son vélo décoré de fleurs et de branchages et diffuse dans son sillage une senteur épicée peu équivoque. Il est parfois mauvais pour la santé d'arpenter les rues de Vancouver.


Les Canucks continuent de gagner.

Températures estivales. Aux alentours de ma nouvelle maison, les filles se promènent en très mini shorts et les garçons paradent torse nu. La plage est juste à côté.


Il est cinq heures du matin. Par ma fenêtre je regarde le soleil se lever sur la montagne. C'est l'un de ces rares moments de magie qui me font aujourd'hui bénir mes insomnies.

mercredi 29 avril 2009

Bits and pieces
















Et si vous allez vous promener par ici, vous trouverez d'autres photos... un peu moins calmes et paisibles. C'est l'autre Vancouver.

vendredi 24 avril 2009

Welcome to China

Il fallait bien que ça m'arrive... Après quatre mois japonais, me voici en Chine. Le jeudi soir, plus exactement, durant trois heures. Lorsque je suis entrée dans la salle de cours la semaine dernière, j'étais l'une des premières à prendre place. Je me suis installée, j'ai sorti mes affaires. Et puis j'ai commencé à regarder les gens qui entraient. Un Chinois, une Chinoise, une Japonaise, deux Chinoises, deux Chinois, un Chinois, un pas Chinois (Croate je crois), une Mexicaine, trois Chinoises... le nombre est ici approximatif, mais l'idée est claire. Nous sommes environ vingt-cinq, et donc trois intrus dans le lot. Au moins, ces derniers mois, mes amis Japonais étaient-ils forcés de parler anglais durant les heures de cours, l'école imposait une politique du "English only" dont je perçois maintenant toute l'utilité. Car le jeudi soir, au début du cours, durant la pause ou à la fin, pas un mot d'anglais n'est prononcé. Autant dire que je me sens légèrement hors de place dans ce brouhaha qui m'est totalement incompréhensible. Hier soir, je me suis assise à côté d'une minette aux cheveux teints en roux, la mini-jupe de rigueur, le nez plongé dans son cahier. Lorsque j'ai tiré la chaise pour m'installer, elle m'a regardée avec de grands yeux écarquillés, comme si je m'apprêtais à la frapper. Puis elle s'est décalée sur le côté pour être plus loin de moi. J'avoue que ça m'a fait un choc. Là encore, pas de communication possible. Durant les trois heures de cours, la prof nous pose des séries de questions, nous demande de lire une définition, sollicite notre opinion, des bribes d'analyse des situations exposées. Nous sommes deux à répondre. Au bout de deux heures, désespérée par l'ambiance et franchement mal à l'aise, j'ai décidé d'arrêter ; l'autre aussi. Puis la prof s'est brutalement arrêtée : "D'accord, il est où le problème ? On a du temps, nous allons en parler." Personne n'a répondu. Tous ont gardé les yeux baissés. Puis ç'a été la fin du cours, et le brouhaha en chinois a repris.